Au bout des ressources de la Terre

Cet article est la traduction (par mes soins) d’un texte de Walter Youngquist, publié en anglais sous le titre « Our plundered planet and a future of less » (Notre planète dévastée et un avenir de moins). Vous pouvez le trouver ici.

L’auteur :

Walter Youngquist a travaillé comme géologue dans les domaines du pétrole et des minéraux, aux Etats-Unis et à l’étranger. Il a visité plus de 70 pays, observant le problème toujours présent de la croissance continue de la population et de la diminution des ressources terrestres qui lui sont nécessaires.

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La fin des ressources

Depuis que l’humanité est sortie de l’économie des chasseurs-cueilleurs (époque où les seules ressources utilisées étaient le dividende annuel délivré par les ressources renouvelables), les gens vivent dans l’idée de « toujours plus ». Notre arrivée dans le « Nouveau monde » de l’Amérique du nord et du sud a renforcé cette idée puisqu’il y avait effectivement toujours plus, plus de terres à occuper, et plus de ressources naturelles à exploiter.

La croissance économique est l’idole des politiques et des industriels. Pour les premiers, lorsque le « gâteau » économique augmente, la promesse politique de « toujours plus pour tous » paraît réalisable et les citoyens sont heureux. Pour les seconds, la croissance des ventes et des bénéfices est la marque d’une entreprise qui réussit, et le défaut de croissance entraîne la méfiance des marchés. Pour toutes les entreprises, ces paramètres sont mesurés trimestre après trimestre et font l’objet de rapports par les analystes de marché.

Pour une grande partie du monde, l’idée d’avenir allait jusqu’à présent de pair avec un espoir de toujours plus. La révolution industrielle a déclenché une croissance sans précédent de la population mondiale. On découvrait sans cesse de nouvelles ressources non renouvelables et on les mettait en œuvre hâtivement pour répondre aux espoirs et exigences croissants de cette population toujours plus nombreuse. La population mondiale dépassait à peine 800 millions de personnes en 1800, et pendant plusieurs générations la poursuite du « toujours plus » a paru être un objectif atteignable.

Mais, rien que depuis ma naissance, les populations du monde et des USA ont plus que triplé. Selon les projections des Nations unies, notre population actuelle de 7,1 milliards de personnes dépassera les 10 milliards en 2100. Observant l’impact de la croissance de la population humaine sur tous les aspects de l’environnement, l’écologiste de Harvard Edward O. Wilson a qualifié cette croissance de « monstre furieux ravageant la Terre ». Davantage de personnes utilisent davantage de ressources. Désormais, la capacité de charge et la préservation de notre environnement deviennent inversement proportionnelles à la croissance de la population.

Les ressources naturelles

Aux États-Unis, pendant des milliers d’années, les sociétés amérindiennes de chasseurs-cueilleurs constituaient l’exemple d’un niveau de vie à faible ressources, même avec un peu d’agriculture rudimentaire. À ce stade, l’Amérique du nord était déjà une « maison pleine », qui pouvait durer parce que la population était peu nombreuse et la consommation limitée. Mais ceux qui arrivaient de pays étrangers surpeuplés ne pouvaient échapper à l’espoir fascinant du toujours plus, notamment avec les grandes étendues de terres vierges et fertiles qui s’offraient à eux. Pratiquement partout le monde était surtout agricole et ces terres intactes étaient la principale richesse en termes de ressources.

Pour les nouvelles sociétés industrielles qui faisaient leur apparition vers 1750, l’Amérique du nord était un continent vide – mais riche d’une remarquable gamme de ressources naturelles, exploitées grâce aux nombreuses techniques qui progressaient à l’époque, qu’il s’agisse de l’extraction minière, du traitement des ressources terrestres ou de l’industrie manufacturière. Résultat : à partir d’une nature pratiquement sauvage, les États-Unis se sont forgé en l’espace d’environ 300 ans le plus haut niveau de vie du monde. Ce mode de vie de haute qualité, avec consommation élevée, nous a fait envier par une bonne part du reste du monde – et c’est pourquoi l’Amérique reçoit chaque année davantage d’immigrants (légaux ou non) que toute autre nation du monde.

Les gens veulent profiter de la « belle vie », qui doit presque tout à l’exploitation croissante des ressources naturelles non renouvelables (RNR) et à la surexploitation de celles qui sont renouvelables. Dans son important ouvrage Scarcity : Humanity’s Final Chapter (Pénurie : le dernier chapitre de l’humanité), Christopher Clugston a conduit une analyse approfondie des tendances mondiales en ce qui concerne la disponibilité des RNR. Il considère qu’il y a « pénurie » lorsque le coût d’une ressource donnée augmente plus vite que l’inflation. Avec cette définition, 63 des RNR les plus utilisées pour faire tourner nos économies industrielles modernes étaient déjà globalement en situation de pénurie en 2008. Clugston écrit : « Dans notre civilisation industrielle, la prospérité humaine – définie par la production économique et le niveau de vie matériel – repose sur les RNR. » Mais nos sociétés de plus en plus industrialisées ont besoin de toujours plus de RNR. Nous sommes en train de pousser notre monde de plus en plus loin sur une branche de RNR de plus en plus fragile.

Avec la croissance de la population et des besoins industriels qui vont avec, les volumes d’extraction croissent de manière exponentielle. De 1958 à 2008, les augmentations d’extraction ont été les suivantes (en tonnes) :

Rien que de 2000 à 2008, elles ont été les suivantes (en pourcentage) :

Les RNR représentent aujourd’hui 95 % des matières premières utilisées par l’économie US. Notre prospérité historique n’est donc pas durable, et il en va de même de toutes les économies industrialisées. Nous sommes désormais dans un cul-de-sac, et nous allons inévitablement devoir changer de voie. Le sevrage de notre dépendance à l’égard des RNR sera un changement de proportions colossales, qui provoquera de vastes bouleversements des structures économiques mondiales telles que nous les connaissons aujourd’hui. Il est probable que cela s’accompagnera de troubles sociaux, mais cela ne pourra pas être aussi grave que ce qui arriverait si nous refusions tout changement.

Ressources : consommation et disponibilité

Le grand accroissement des richesses des pays industrialisés, rendu possible par les ressources de la Terre, a donné naissance à l’idée qu’une croissance continue conduirait à la prospérité perpétuelle. À une récente réunion du G-20, la croissance a été mentionnée 9 fois, alors que les limites des ressources et l’accroissement de la population n’ont jamais été évoqués. Nous avons gravé dans pratiquement toutes les économies du monde l’idée que seule une croissance continue permettra de fournir toujours plus de choses à toujours plus de gens.

En 2002, le président George W. Bush a déclaré : « Il nous faut une loi sur l’énergie qui encourage la consommation ». C’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, et cela illustre à quel point les « leaders » politiques peuvent être inconscients des réalités de notre existence. Le Congrès américain ne vaut pas mieux, à en juger par le fait que comme le pouvoir exécutif et le complexe industriel il encourage une consommation toujours croissante des ressources de la planète. Comme le Congrès représente le peuple, il est bien possible qu’il représente la situation décrite par Clugston :

« La plupart des gens sont complètement inconscients du fait que notre mode de vie et nos économies industrialisées ne sont possibles, presque exclusivement, que grâce à des quantités énormes et toujours croissantes de ressources non renouvelables, finies, qui ne se reconstituent pas, et qui deviennent de plus en plus rares. Ils ne peuvent donc pas comprendre que la pénurie toujours croissante de RNR est responsable de notre malaise économique actuel et, plus grave, de la fin imminente de notre mode de vie industrialisé ».

Bush a par ailleurs déclaré que « le mode de vie américain n’est pas négociable ». Pourtant, la raréfaction rapide des RNR est déjà en train de renégocier ce mode de vie pour notre population actuelle de 318 millions, toujours croissante. Pour beaucoup, ce simple chiffre exclut tout espoir viable d’un avenir meilleur. Nous arrivons à un grand tournant de l’histoire humaine, où il apparaît de plus en plus clairement que l’idée de « toujours plus » est une erreur et doit être remplacée par « un avenir de moins ».

Le pétrole – notre ressource énergétique principale

Ce sont les ressources terrestres permettant de répondre aux besoins des populations qui seront la cause la plus probable du changement de notre paradigme économique, de « toujours plus » à « un avenir de moins ». L’énergie est la clé qui libère toutes les autres ressources, et la plus importante source d’énergie, la plus essentielle à la croissance d’aujourd’hui, c’est le pétrole. Ainsi, avant toutes les autres ressources, le pétrole est essentiel à la poursuite de la croissance.

Les nombreuses applications du pétrole constituent la base de beaucoup des éléments du niveau de vie partout dans le monde. Le pétrole fournit la quasi-totalité des combustibles nécessaires aux transports, et l’agriculture (la base de la production alimentaire et donc de la survie pour tous les niveaux de la société) en est très dépendante, à la fois pour cultiver de vastes superficies de terre arable et pour fabriquer les produits chimiques et engrais utilisés. Les économies industrialisées d’aujourd’hui reposent sur un apport continu et croissant d’énergie et sur des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables.

Depuis le forage du puits de Drake en 1859, la demande et la production de pétrole ont augmenté, et le monde consomme actuellement quelque 30 milliards de barils par an. La date du « pic » mondial de production de pétrole a donné lieu à de nombreuses prévisions. Mais ce qui est pratiquement certain c’est que la production mondiale de pétrole atteindra son pic vers le début du siècle en cours (si ce n’est déjà fait) et que beaucoup de pays ont déjà dépassé leur propre pic. Sur les 63 pays producteurs de pétrole du monde, 53 ont dépassé leur pic et ont désormais une production en déclin. (Les deux autres combustible fossiles importants, le charbon et le gaz naturel, passeront eux aussi inévitablement par un pic de production.)

Les découvertes de pétrole dans le monde entier (en quantité par an) ont atteint un pic en 1965, de même que la découverte de champs géants, ceux qui peuvent fournir plus de 500 millions de barils de pétrole récupérable. Aujourd’hui, nous consommons 4 barils de pétrole pour 2 barils découverts. La consommation mondiale cumulée a dépassé 1200 milliards de barils, soit environ la moitié du total des réserves mondiales estimées, et 50 % de cette consommation ont eu lieu depuis 1988. En 2005, feu le Pr Albert Bartlett (auteur du remarquable cours « Arithmétique, population et énergie ») a calculé que la découverte d’un milliard de barils de pétrole décalerait le pic mondial de production de seulement 5 jours et demi.

En 1950, les États-Unis étaient le premier producteur mondial de pétrole, mais à partir du milieu des années 1960 leur production n’a pas pu suivre la demande et nous sommes devenus importateurs nets. Exactement comme l’avait prévu M.K. Hubbert en 1956 (ce qui lui avait valu beaucoup de moqueries), le pic de production des USA est survenu en 19701. Malgré la production supplémentaire assurée par la nouvelle technique de la fracturation, l’Amérique produit actuellement environ deux fois moins de pétrole qu’en 1970. La situation est d’autant plus préoccupante que les pays exportateurs actuels ont une demande intérieure en augmentation et réduisent donc progressivement leurs exportations.

La production baisse également dans les pays exportateurs de pétrole, partout dans le monde. L’Arabie saoudite avait affirmé un jour qu’elle pourrait produire 15 millions de barils par jour pendant 50 ans. Ce chiffre a été remplacé par un pic de production prévu à 12,5 millions de barils par jour, et cela seulement pendant une durée non précisée. La production saoudienne repose essentiellement sur le gisement de Ghawar. Découvert en 1938, ce gisement supergéant mesure 30 km de largeur et 260 km de longueur. Sa production est désormais maintenue grâce à l’injection de plus de 7 millions de barils d’eau de mer par jour. Une autre source de pétrole importante pour les USA était le gisement de Cantarell, le principal du Mexique, dont la production décline aujourd’hui rapidement. Le Mexique lui-même pourrait devenir importateur net de pétrole d’ici une dizaine d’années.

La production pétrolière classique – sur terre et offshore (forages en mer à moins de 500 mètres de profondeur) a atteint son pic en 2005. Au-delà, la production non classique (actuellement à 89 millions de barils par jour) provient : de forages en mer à grande profondeur, de sables bitumineux (Alberta, Californie et Venezuela), de forages polaires (au nord du cercle arctique), de petites quantités de biodiesel et d’éthanol (tous deux d’origine agricole), et de la fracturation hydraulique d’argiles riches en dépôts organiques (technique largement confinée aux États-Unis).

Le pétrole obtenu par fracturation hydraulique souffre d’un déclin rapide de la production (64 à 75 % la première année), et il faut donc multiplier les forages pour compenser. La plus forte production de pétrole par fracturation provient de la région Lower Bakken/Upper Three Forks dans le Williston Basin du nord Dakota et du Montana. Mais le seul maintien de la production exige de forer 94 puits par mois, pour un coût d’environ 8 millions de dollars par puits. Le supplément de pétrole que la fracturation apporte à l’Amérique sera très loin de nous rendre autonomes en matière de pétrole. Nous ne serons indépendants du pétrole étranger que par défaut, quand nous aurons consommé le dernier baril de pétrole disponible pour l’importation.

Les schistes bitumineux sont-ils la réponse ?

Ce qu’on appelle les schistes pétrolifères (comme ceux des bassins de l’Utah, du Colorado et du Wyoming) devaient contenir 2000 milliards de barils de pétrole. En fait, ils n’en contiennent pas du tout. Ces schistes contiennent du kérogène, un précurseur du pétrole. Le processus d’extraction n’est ni rentable financièrement ni simple techniquement. (Un obstacle, en particulier, est le fait qu’il faut disposer d’énormes volumes d’eau pour traiter les schistes, qui sont typiquement situés dans des zones arides, avec des problèmes d’eau.) Les énormes quantités de pétrole qui devraient théoriquement pouvoir être produites à partir des schistes ont poussé certaines compagnies pétrolières à poursuivre les efforts, mais les diverses tentatives technologiques pour extraire économiquement du pétrole de ces gisements sont jusqu’à présent restées vaines. C’est pourquoi la plupart des grandes compagnies pétrolières ont abandonné cette méthode.

Charbon – le pic de production est passé

Le charbon est notre combustible fossile le plus abondant, mais les États-Unis, avec les plus grands gisements du monde, ne sont pas loin d’avoir extrait la totalité du meilleur charbon (l’anthracite). Si l’on mesure la production en unités thermiques britanniques (BTU), l’Amérique est au-delà du pic de production. Les charbons les moins riches, bitumineux et sous-bitumineux, sont aujourd’hui les principaux à être extraits. La Chine, qui possède elle aussi de grands gisements de charbon, doit atteindre son pic de production en 2025. La Grande-Bretagne, dont la Révolution industrielle a été permise par une large gamme de gisements de métaux et de charbon, a passé son pic de production de charbon en 1920.

Baisse des retours sur investissement

D’autres sources d’énergie (comme le bois, le vent, le solaire, l’éthanol) sont confrontées comme les combustibles fossiles au problème du rapport entre énergie récupérée et énergie investie. Il apparaît que ce rapport diminue désormais pour toutes les sources d’énergie fossiles. Charles Hall, un expert, constate qu’aux USA le rapport pour le pétrole était d’environ 100:1 en 1930, alors qu’il s’approche aujourd’hui de 5:1. Pour le monde entier, et grâce au rôle important des grands champs pétrolifères du Moyen-Orient, le rapport des énergies pour la production de pétrole se situe aux environs de 18:1. Pour l’éthanol, le rapport est à peine de 1:1 (et selon la manière dont on trace le cercle des apports énergétiques nécessaires à la production d’éthanol, il peut même devenir négatif.

Pour une économie viable et active, il faut un surplus d’énergie produite par rapport au coût de production de cette énergie. Lorsque le rapport EROEI de toutes les soures d’énergie est égal à 1, toute la civilisation industrielle telle que nous la connaissons disparaît. On a estimé qu’il faut un EREOI autour de 7 pour que les économies développées restent viables, et cela exige une utilisation très efficace de l’énergie disponible. La baisse de la quantité d’énergie obtenue par unité d’énergie investie fait que l’avenir sera moins productif que jusqu’à présent, et cela annonce un avenir de moins.

Métaux et non-métaux

L’autre facteur essentiel des économies mondiales actuelles est le besoin d’un apport régulièrement croissant de ressources naturelles autres qu’énergétiques. Elles sont devenues indispensables pour nos modes de vie modernes, et même les technologies « vertes » y font appel. Une turbine éolienne de 3 mégawatts demande actuellement 9,9 tonnes de cuivre, ce qui suppose de désagréger, de charger, de transporter et de traiter 1980 tonnes de roche.

Le cuivre est le métal essentiel à toute l’industrie électrique et il a des applications plus diverses que tout autre métal. Seul l’argent est meilleur conducteur de l’électricité. Sa capacité de résistance à la corrosion le rend utile dans les radiateurs automobiles et en plomberie. Son alliage avec l’étain est le bronze, et avec le zinc il donne le laiton. Il a également été très utilisé pour la frappe de monnaies. Aux États-Unis, il a été découvert par les Indiens dans la péninsule Keweenaw du Michigan. Ces riches gisements ont ultérieurement été exploités par plusieurs sociétés minières à la fin du 19ème siècle et une grande partie du 20ème.

À Butte, dans le Montana, ce qu’on avait appelé « la colline la plus riche de la Terre » est désormais le Berkeley pit, rempli d’eau toxique. La fonderie de cuivre d’Anaconda, à proximité, est abandonnée. L’extraction du cuivre persiste dans l’Utah au Bingham Canyon, mais la teneur du minerai en métal n’est que de 0,4 %. Les mines de cuivre de Ruth et Yerington, au Nevada, sont maintenant abandonnés. L’extraction est active en Arizona, mais les mines de Bisbee sont désormais des attractions touristiques et celles de Prescott sont abandonnées.

Les États-Unis sont devenus importateurs de cuivre, le plus souvent de médiocre qualité et provenant du Chili et du Pérou.

Fer – moins abondant et de moindre qualité

Le fer est de loin le métal le plus abondant produit par l’activité minière. À une époque, les États-Unis étaient un leader parmi les producteurs de minerai de fer, de l’hématite à haute teneur, extrait de l’Iron Range dans le Minnesota. Il s’agissait le plus souvent de mines à ciel ouvert, mais un riche gisement d’hématite était exploité en profondeur par une mine souterraine à Soudan. C’est aujourd’hui un parc national, où les visiteurs sont autorisés à pénétrer dans les installations abandonnées. L’hématite à 60 % de fer de l’Iron Range est épuisée, et on exploite maintenant la taconite, moins riche, à seulement 30 % de fer.

L’extraction, c’est fini

À travers tout l’ouest américain, des milliers de mines abandonnées et de nombreuses « villes fantômes » illustrent le caractère transitoire de l’exploitation de minéraux non renouvelables. Des villes autrefois très actives comme Wallace et Kellogg (dans la région minière de Cœur d’Alène, au nord de l’Idaho) sont désormais des agglomérations tranquilles, et seule la mine Hecla est encore en exploitation. La célèbre mine d’argent de Sunshine est fermée, ainsi que la mine de plomb et zinc de Bunker Hill et la fonderie voisine. À l’extrémité sud de l’Idaho Batholith, aucune des mines d’argent autrefois importantes de Hailey ne fonctionne encore. La « mine dans le ciel » de Pine Creek, près de Bishop, en Californie, était autrefois la plus grande mine de tungstène d’Amérique, et elle est aujourd’hui abandonnée, ainsi que son usine. Les gisements d’argent du Nevada sont épuisés et les mines ont fermé depuis longtemps. Maintenant, c’est l’or qui est le principal métal précieux extrait de ce qui était autrefois le « Silver State » (l’état de l’argent).

Les États-Unis ont été très efficaces pour extraire toute leur abondante gamme de métaux et de ressources énergétiques, mais cette abondance appartient désormais au passé. Pour les citoyens américains, ça a été une belle aventure, tant que ça a duré. Nous assistons maintenant à la fin de ces temps d’abondance non renouvelables. Et cette réalité se manifeste sans doute déjà par le malaise économique actuel, qui préoccupe à la fois le monde politique et les économistes.

Pour une bonne partie du monde, c’est à peu près la même histoire, bien qu’on découvre et développe encore quelques gisements de minéraux. Mais toutes ces richesses sont non-renouvelables et leur destin est de s’épuiser, probablement au cours du présent siècle. La mondialisation du commerce fait que le monde entier est devenu « les communs » pour l’exploitation des ressources minières et énergétiques, exploitation menée dans une large mesure par des pays qui ont épuisé leurs ressources propres (ou en avaient peu initialement).

La mine la plus profonde du monde est une mine d’or d’Afrique du sud. À 3800 mètres de profondeur, les températures atteignent 60°C et de violents « craquements de roche » rendent les conditions dangereuses. On travaille aujourd’hui dans l’océan à des profondeurs de 3000 m, pour effectuer des forages vers des nappes de pétrole situées encore 3000 à 4500 m au-dessous de ce plancher océanique. Et même après avoir foré verticalement à des milliers de mètres, on a creusé des puits latéralement jusqu’à plus de 10 kilomètres. Dans l’exploitation des schistes bitumineux, on fore couramment à plus de 3 km latéralement.

Dans le monde entier, nous sommes allés très loin – et très profond – pour exploiter la richesse naturelle de la planète. On dirait que le monde souhaite faire tout ce qui sera nécessaire pour poursuivre cette exploitation, mais n’a pas envie de faire grand-chose pour modifier notre trajectoire actuelle. Nous nous dirigeons vers un avenir de moins pour absolument toutes les ressources non renouvelables que nous avons connues au cours du temps. Et, alors que notre population augmente, nous épuisons les stocks de la planète de plus en plus vite.

Humus et eau – vers l’épuisement

C’est l’association d’eau et d’un sol fertile qui permet l’agriculture dont dépend notre vie. Mais, dans sa remarquable étude Dirt: the Erosion of Civilizations (Poussière, l’érosion des civilisations), le géomorphologiste David Montgomery affirme que, dans le monde entier, nous perdons l’humus 10 fois plus vite qu’il n’est naturellement produit, vitesse qu’aucune somme d’argent ne permet de doubler. À l’échelle de temps d’une vie humaine, l’humus est non renouvelable. Aux États-Unis, la moitié de l’humus de l’Iowa (qu’on appelait autrefois le grenier à blé du monde) repose désormais dans le delta du Mississipi. Le fleuve jaune, en Chine, tire son nom des sédiments qu’il charrie depuis les terres cultivées situées à l’ouest de son cours. Ailleurs, et notamment en Haïti et dans les hauteurs du pied de l’Himalaya, des sols en forte pente ont été cultivés, avec une perte d’humus désastreuse.

Pendant des millénaires, l’humanité a vécu sans pétrole, mais elle n’aurait pu survivre sans eau, et nous non plus. Dans les étendues arides du sud-ouest américain, le maigre Colorado est soumis à plus de prélèvements légaux qu’il n’a d’eau pour y répondre. Les névés et glaciers des Rocheuses, qui fournissent une grande part de l’eau du fleuve, sont en train de fondre. Toute l’eau du Nil trouve son origine hors d’Égypte, dans 7 pays qui prévoient tous d’augmenter leurs prélèvements pour assurer l’irrigation des projets agricoles lancés pour nourrir leurs populations en croissance rapide.

Environ 40 % de l’alimentation humaine est produite grâce à l’irrigation, ce qui confère aux nappes phréatiques une importance toute particulière. Lester Brown a beaucoup écrit sur les nappes phréatiques et la production alimentaire. Dans un article de 2013 pour The Observer, il notait : « À mesure que le niveau des nappes phréatiques baisse, les gros fermiers utilisent des adaptations des techniques de forage pétrolier pour atteindre l’eau, à des profondeurs qui peuvent par endroits dépasser 300 mètres ». Et le niveau des nappes phréatiques baisse pratiquement partout. Brown a parlé de « bulles alimentaires fondées sur l’eau » pour décrire les 18 pays dont l’irrigation utilise essentiellement l’eau souterraine – parmi lesquels les plus grands sont l’Inde et la Chine, dont les populations sont énormes. Brown a cité une étude de la Banque mondiale qui estimait que 175 millions de personnes en Inde – et 130 millions en Chine – sont nourries avec des céréales produites grâce à des prélèvements non durables sur l’eau souterraine.

Les États-Unis ont eux aussi des problèmes de niveau des nappes phréatiques. La plus grande du pays est celle d’Ogallala, qui s’étend sous les hautes plaines du Dakota du sud jusqu’au nord du Texas. En raison d’une baisse de la hauteur de l’eau dans cette dernière zone, quelque 6000 hectares de terres agricole ont été abandonnés. Le niveau de la nappe d’Ogallala s’abaisse aussi dans d’autres régions, car la recharge par les pluies est limitée dans cette zone semi-aride. La production agricole de la région finira inéluctablement par décliner.

La vallée de San Joaquin en Californie produit sensiblement la moitié des fruits et légumes des États-Unis. Le pompage excessif dans la nappe phréatique a entraîné des abaissements du niveau du sol pouvant aller jusqu’à une dizaine de mètres dans certaines portions de la vallée, ce qui a fait baisser la nappe aquifère sous le plancher de la vallée. Il est impossible de la recharger, elle est définitivement perdue. Dans la vallée voisine, celle de Salinas, un pompage excessif similaire a provoqué une invasion d’eau salée par l’ouest (la nappe phréatique s’étend jusqu’à l’océan). Il arrive la même chose à la nappe située sous Norfolk, en Virginie.

Du fait de la dégradation des sols et des ressources en eau, la production alimentaire est affectée défavorablement dans plusieurs régions du monde. Le fort accroissement de la production agricole attribuable à la « Révolution verte » animée par Norman Borlaug appartient désormais au passé. Dans son discours de réception du prix Nobel de la paix, Borlaug avait reconnu que cette Révolution verte permettait simplement de se donner le temps nécessaire pour arrêter la croissance démographique2. Il avait noté : « Il n’y aura pas d’avancée durable dans la lutte contre la faim tant que les agences qui se battent pour augmenter la production alimentaire et celles qui cherchent à contrôler la population ne s’uniront pas dans un effort commun ».

Agriculture et croissance démographique

Comme pour tous les autres organismes, l’augmentation des ressources alimentaires a provoqué un accroissement de la population humaine. Ce qui s’est passé au siècle dernier, l’augmentation perpétuelle des récoltes rendue possible par la fixation d’azote et la technologie de la révolution verte, doit être considéré comme un événement historique rare : on ne peut pas s’attendre à ce qu’il se répète.

En matière de ressources alimentaires, il y a un signe de mauvais augure : malgré la recherche agronomique, la progression relative des rendements des récoltes alimentaires majeures décroît avec le temps. La question se pose de savoir si l’actuelle agriculture industrielle sera capable d’assurer la production nécessaire à une population mondiale croissante, qui doit atteindre 10 milliards de personnes en 2100. L’augmentation de la richesse dans certaines régions entraîne une augmentation de la demande de viande. Actuellement, 230 000 nouveaux convives arrivent chaque jour à la table de l’humanité. Rien que pour répondre aux besoins alimentaires prévus en 2050, il faudrait que la production agricole augmente de 60 %. Il est très peu probable qu’on y parvienne. Les meilleures terres agricoles sont pratiquement toutes utilisées, et l’augmentation des rendements va en diminuant.

Des émeutes pour pénurie alimentaire se sont déjà produites dans plusieurs pays, et tout particulièrement en Égypte. Il y a déjà eu 2 grandes famines en Éthiopie, et pourtant on prévoit que sa population va pratiquement doubler, passant de 87 millions aujourd’hui à 165 millions d’ici à 2050. Le naturaliste britannique David Attenborough a dit « Je n’ai jamais vu de problème qui ne soit pas plus facile à résoudre avec moins de monde, ou plus difficile et finalement impossible avec plus… On continue à mettre en place des programmes contre la famine en Éthiopie, voilà ce qui se passe. Il y a trop de monde là-bas. Ils ne peuvent pas assurer leur subsistance, et ce n’est pas inhumain de le dire. C’est un fait. »

Et c’est la même chose pour les 27 pays sous assistance alimentaire internationale, un chiffre qui va en augmentant. Le Japon et le Royaume-Uni paient tous les deux pour des importations alimentaires massives, qui représentent 70 % de la consommation au Japon et 40 % au Royame-Uni. Même aux États-Unis, les pénuries alimentaires provoquent maintenant une augmentation des prix alimentaires, et 47 millions d’Américains bénéficient de bons d’alimentation.

Pénurie et stress social

Nous nous trouvons devant un ensemble de faits qui indiquent que notre monde aborde des temps de turbulences économiques et sociales. La base des ressources non renouvelables nécessaires à la vie industrielle moderne n’est pas durable.La base renouvelable nécessaire au maintien des économies et des sociétés – un humus fertile – n’est pas renouvelable à l’échelle d’une vie humaine. Mais les économies du monde reposent sur l’idée d’une croissance continuelle de notre consommation des ressources de la planète. La ressource la plus primordiale pour l’humanité, la ressource alimentaire, n’augmente pas, alors que la population augmente.

À un moment ou un autre de ce siècle, il est hautement probable que la pénurie mondiale de ressources naturelles contraindra à une réorganisation complète des structures économiques et sociales, peut-être dans la violence. Parvenir à accomplir cela sans détruire le tissu de la civilisation, c’est le défi qui nous attend inéluctablement. Tout cela annonce un avenir de moins. L’austérité a été la condition humaine pendant la plus grande partie de notre histoire, et elle va probablement revenir pour accompagner notre futur.

L’abondance n’est pas renouvelable

Le niveau d’exploitation des ressources de la Terre diffère d’une région à l’autre, mais l’histoire est sensiblement la même partout : en l’espace d’à peine quelques siècles, nous aurons laissé à toutes les générations à venir une planète pillée. L’abondance dont ont profité toutes les générations depuis la Révolution industrielle jusqu’à aujourd’hui n’est pas renouvelable et arrive à son terme.

Alors que nous profitons de ces somptueux legs du passé géologique, nous semblons réticents à admettre que « non renouvelable » signifie vraiment « non renouvelable ». Une fois épuisées, ces ressources sont disparues pour toujours. Mais, comme l’a dit Aldous Huxley : « Les faits ne cessent pas d’exister quand on les ignore ». Les tensions qui montent actuellement en raison de la pression des populations face à des ressources en baisse, sont un mauvais présage. Il s’est installé un malaise économique, témoignant de ce que la philosophie du toujours plus des décennies passées paraît moins possible. L’austérité devient visible, ici et à l’étranger.

S’il est possible d’inverser la marée montante de la population, la société qui en résultera, moins nombreuse et plus simple, pourra peut-être avoir un avenir stable et satisfaisant. Ce scénario est sûrement à envisager : viser le « Bonheur national brut » plutôt que le Produit national brut (consommation). Pensons à ce qu’on pourrait faire pour le monde avec les milliers de milliads non dépensés en consommation non essentielle.

En consommant chaque jour davantage de RNR, et en dégradant nos ressources renouvelables, nous garantissons aux générations futures de vivre dans un monde très différent. Même à court terme, d’ici un siècle ou moins, l’épuisement de ressources terrestres vitales changera probablement la trajectoire de la civilisation. L’ère industrielle, avec son niveau de vie élevé et agréable, ne sera plus qu’une page ancienne (et brève) de l’histoire du monde. Dans plusieurs régions du monde, beaucoup de gens ne peuvent pas vivre avec « moins ». Ils sont déjà aux frontières de l’existence, et la malnutrition est leur expérience quotidienne. Mais dans les sociétés plus riches, un avenir de moins signifiera simplement une réduction massive du niveau de vie matériel.

Sortir de l’ère de l’abondance et réduire notre population à une taille écologiquement durable (capable de vivre sur les ressources naturelles renouvelables et sur le recyclage des RNR) sera une tâche très difficile. Préserver les éléments d’une société civile – et au moins certains des progrès techniques dont nous profitons aujourd’hui – sera capital pour que l’avenir puisse être au moins un peu satisfaisant. Créer une économie de niveau stable (sans croissance) et recycler soigneusement toutes les RNR seront sans doute des moyens nécessaires – et efficaces – pour assurer la longévité de cette nouvelle société.

Mais si la tendance actuelle se poursuit, il sera probablement impossible de préserver beaucoup de choses auxquelles nous tenons.

Peut-être la population humaine ne baissera-t-elle que lorsque la nature mettra en œuvre sa méthode ultime de diminution des effectifs insoutenables : famine et maladie. Cela s’est déjà produit de nombreuses fois dans le passé. Étant donné l’énormité de la croissance démographique aujourd’hui, c’est peut-être la dure réalité qui nous attend.

Bien entendu, si notre monde collectif prend vite conscience que l’arrêt et l’inversion de la croissance démographique sont indispensables, il y a peut-être quelque espoir de survie avec une population moindre et vraiment susceptible de durer. Je me rappelle mes rencontres avec Garrett Hardin, spécialiste d’écologie humaine et auteur de nombreux livres parmi lesquels Living Within Limits : Ecology, Economics and Population Taboos (Vivre avec des limitations : tabous écologiques, économiques et démographiques) et de nombreux articles, dont le plus célèbre est The Tragedy of the Commons (La tragédie des communs). Hardin avait une approche très pragmatique des sujets concernant la population et la Terre, mais il avait aussi compassion et espoir. Nous avons longuement discuté des maux qui affectent le monde, pour conclure que l’avenir de l’humanité paraît bien sombre, mais quand je le quittais il me prenait toujours la main, avec force, et disait « oui, mais il faut essayer ».

Il va falloir, oui.

 

22 commentaires sur “Au bout des ressources de la Terre

  1. Bonjour,

    Au moins quelqu’un aura lu ce qui précède.

    J’ai toujours été persuadé qu’une gigantesque famine décimerait la population mondiale vers le milieu de notre siècle. Ce sera un phénomène encore plus marquant que les deux guerres mondiales.

    Cela arrive, gros comme un camion, mais certains joueront encore les surpris.

    Pour les métaux, je pense que la miniaturisation et les technologies sans fil, ainsi que les (éventuels) supraconducteurs, limiteront la pénurie.

    Cordialement,

    Gaillardin.

    • Eh ben ça me fait très plaisir. Depuis que c’est en ligne, 5-6 mois si je ne m’abuse, vous êtes à peine une quinzaine, allez, vingt, à être allés voir.
      Mais je suis encore plus pessimiste que vous. Je ne crois pas qu’on puisse éviter la collision ultraviolente avec le mur de la pénurie. La supraconductivité est un rêve qui restera très localisé, ça bouffe des tonnes d’énergie, et rien ne pourra remplacer les métaux quand on commencera à en manquer. On ne fera pas de voitures en bois (sauf quelques diligences à chevaux), et même si on en avait on n’aura plus l’énergie pour fondre, forger, souder…
      Le monde a vécu 200 ans d’un rêve où il a foutu en l’air, sous forme de canons, de bagnoles ridicules, d’avions inutiles, des millions de tonnes de beau métal, qu’on ne pourra jamais refondre faute d’énergie.
      Le fer retournera à son état naturel : la rouille, qui fait de si jolies roches rouges…
      Le pessimisme me cloue sur place, muet.
      Heureusement qu’on a Macron pour réformer le bac et penser l’islam de France (pour moi, l’islam de France, c’est 20 millions de balles dans la tête, hélas : il n’y a pas d’issue autre qu’effroyablement violente).
      Profitons, profitez de ce qui reste, sans abus.

  2. J’ avais lu « La convergence des catastrophes » de Guillaume Faye, déjà bien détaillé sur la fin des ressources … Un état organisé se devrait d’ assurer l’ indépendance alimentaire , mais c’ est le contraire qui se passe .. les meilleures terres sont bétonnées pour faire des « Centre Commercial » et des logements … vu les 100.000 demandeurs d’ asile par an , plus les 200.000 immigrés « légaux » et les milliers d’ illégaux légalisés sitôt installés et allocatés … je ne vois pas d’ issu à l’ échelle France , alors pour le monde ..

    • Je vois pas d’issue non plus. C’est pour ça, en grande partie, que je n’écris plus. J’arrive par ci par là à répondre à un artik ou à un com, mais construire tout seul un papier qui décrit l’apocalypse qui nous attend, j’y arrive pas. On vit l’approche des 8 milliards de morts, pour des causes qui vont de l’imbécillité humaine au messianisme youtre en passant par la cupidité et la volonté de pouvoir de la banque et des macrons et autres. Vraiment, je crois qu’il n’y a pas d’issue.
      Mais ce serait moins terrifiant si nous n’étions pas mélangés à des crouilles et autres nègres qui par stupidité, par férocité, par islamisme ou par grouillement n’ont qu’une envie : nous détruire.

    • Ah oui, mais caisse tu veux, ils t’ont laissé passer un com, faut pas leur en demander deux, à ces cons, surtout avec un lien ! De toute manière, pour toi, c’est systématique.
      Cela dit, j’ai pas encore regardé ton lien, mais je me rappelle avoir lu des trucs intéressants chez lingane, effectivement. On en vient à oublier les noms de ceux qui sont descendus avant. Mais ils étaient bien là, avec nous, dans le même train… Merci de nous le rappeler !

    • Et lecture faite, sauf l’ultime ligne sur la royauté dont je me tamponne généreusement le poitrail, le texte est parfait. Comme on dit quelque part dans l’Evangile : « vous ne savez ni le jour ni l’heure ». On en est là : à quel moment ça va nous tomber dessus ? Il est loin, le temps où, juvénile, j’envisageais avec tristesse ce que ressentiraient les humains lors de la fin de l’humanité, dans 500 000 ans… Et j’ai la réponse, c’est ce qu’on ressent maintenant. Il m’a fallu attendre le 21ème siècle et ma septième décennie largement entamée pour comprendre que c’était « pour tout de suite ».
      Mais on continue à fabriquer des bagnoles, à écouter des macrons, à faire la révérence à la synagogue et à défendre l’Israhell, comme si rien de fâcheux ne s’annonçait. C’est tellement terrifiant que j’arrive pas à mesurer l’angoisse.

    • Pêche fructueuse ! j’ avais gardé le lien de Lingane ou traînent de bons articles .. le royalisme , ouais .. bof .. si c’ était la soluce pourquoi pas ? mais y’ en a pas de soluce « douce » , on est au point de non retour qui demanderait une méthode « dure » pour sauver les meubles .. et encore , je m’ demande .. Là , c’ est comme si toutes les digues avaient sauté , le tsunami de merde ! toujours plus .. et nous là , à la septantaine entamée , rétamée , on peut que regarder … j’ ai commencé la lecture des « écrits » de LF Céline (Bagatelles, l’ Ecole .. etc réédités en Irlande!) , des passages qui auraient pu être écrits hier ! je comprends pourquoi l’ éditeur français a renoncé sous la pression du lobby qui n’ existe pas . 😀

      • Bordel de dieu, je regarde pas pendant 3-4 jours et ils t’ont encore foutu au trou. Ils alternent, ces merdes : un coup aux indésirables, un coup à la poubelle… Pour pas qu’on les taxe de haine, sans doute.
        Quant à l’avenir, au stade où on en est, avec le déversement des cuves de vidange sur notre sol et dans nos maisons (et sur nos femmes), il n’y a plus de solution que génocidaire, dans l’autre sens. Les immondices genre macron seront pendus, ou écartelés, peu importe. Ils disparaîtront, et ce sera déjà ça de pris, petit pansement sur l’âme.

  3. J’ai pris la peine de lire la totalité de l’article (en plusieurs fois), et je ne peux qu’adhérer à tout ce qui y est écrit.
    Je me souviens d’un documentaire britannique diffusé sur France O il y a quelques mois, où l’on y parlait des problèmes d’extrême pauvreté rencontrés par les habitants de Madagascar, ainsi que les menaces sur la faune et la flore. Quelques minutes avant la fin, le présentateur (âgé d’une trentaine d’années) n’a pas hésité à dire :
    « Toutes les mesures prises pour sauvegarder l’environnement ne serviront à rien si l’on ne s’attaque pas au problème de la surpopulation. Les O.N.G. qui s’occupent d’écologie n’osent pas en parler, sauf une. Celle-ci s’est entretenue avec les Malgaches pour leur faire accepter la contraception, en leur expliquant pourquoi c’était nécessaire. »
    Le problème, c’est dans leur mentalité de faire beaucoup d’enfants, nonobstant les conséquences.
    Sans oublier leur cuisine, qui privilégie les plats exigeant plus d’une heure de cuisson. D’où le déboisement massif, puisqu’ils n’ont pas de gazinière.
    On leur a bien proposé d’opter pour les grillades, en vain.
    Et que dire des Haïtiens, qui sont sous l’influence des évangélistes, et donc n’utilisent pas de contraception, puisque c’est la volonté de « Dieu », parait-il, de faire beaucoup d’enfants…
    « lorsque la nature mettra en œuvre sa méthode ultime de diminution des effectifs insoutenables : famine et maladie. »
    Et tu as raison, car elle l’a déjà fait !

    • Excusez-moi, votre com a été jeté par WordPress, pour des raisons dont j’ignore tout. Ca arrive grosso modo à un com sur 10, et certains auteurs sont particulièrement visés, je ne sais pas pourquoi. Heureusement, c’est rattrapable dans la poubelle, mais je ne vérifie pas toutes les heures, parfois même pas tous les jours. Vous avez donc bien fait de me signaler l’incident.
      Du coup, je suis allé revoir l’article et je m’aperçois que rien n’indique qu’il n’est pas de moi. L’auteur est un vieux gars américain, ingénieur spécialiste du pétrole et des ressources minières. Je l’avais traduit parce qu’il me paraissait poser le problème avec beaucoup de clarté, avec des chiffres que je suis incapable de trouver et de maîtriser. Ca matérialisait très clairement mes inquiétudes qui restaient dans le flou.
      J’avoue que je ne me souviens plus de son nom, faut absolument que je le retrouve et que je donne un lien vers l’article original.
      Quant à Madagascar… C’est une tragédie. Ils étaient moins de 5 millions en 1947 (mon père y était allé), ils sont autour de 23 millions aujourd’hui. Les forêts et les lémuriens disparaissent, bientôt les Malgaches eux-mêmes.
      Et pareil pour l’humanité. Huit milliards de morts. Je n’arrive pas à écrire clairement sur ce sujet qui est mon « coeur de préoccupation ». C’est trop énorme.
      En tout cas, merci d’avoir lu ce texte, écrit par un type très compétent…

    • Voilà, j’ai remonté en tête d’article les renseignements sur l’auteur, et indiqué les références de son article original en anglais. C’est mieux comme ça.

    • Je sais pas trop. Ca sent le faux, je lis des tas de trucs qui tendent à faire de cette histoire une manoeuvre de guerre bactériologique. Contre la Chine, par les US. Et ça aurait un peu échappé d’où la diffusion.
      J’ai été étonné, au début, de la vitesse avec laquelle ils ont « découvert » un nouveau virus. Je veux dire : on est en pleine épidémie de grippe, des gens à Wuhan se présentent avec des signes de type grippal, et mystérieusement on va chercher à identifier un virus responsable (en pratique, on ne le fait jamais). Et on trouve un virus nouveau. Ca m’a donné l’impression qu’ils savaient ce qu’ils cherchaient, les Chinois. Ce qui ferait de cette histoire une affaire d’origine chinoise, volontaire ou non (y’a une installation de recherche virale à Wuhan, autrement dit un centre d’étude pour la guerre bactério).
      Et puis il y a la détection. Je ne suis plus au courant des techniques, ça s’est énormément perfectionné depuis mon temps, mais le principe reste le même : la PCR. Qui ne détecte pas « le virus », mais une ou plusieurs séquences du virus, avec d’autres bouts d’ADN. C’est très délicat, ça prétend pouvoir quantifier mais il y a à cette idée des objections très solides. Et encore une fois, on soumet à détection des gens (souvent asymptomatiques ou peu symptomatiques) alors qu’ils ont peut-etre simplement la grippe. Pourquoi ? Les critères de décision ne sont pas bien clairs, les tests ne sont pas bien déterminants, coûteux, délicats, sujets à erreurs.
      Au point où j’en suis, j’ai le sentiment d’une réaction énormément exagérée, dans le cadre d’une stratégie de tension, le but étant de savoir comment et jusqu’à quel point on peut immobiliser une population et lui imposer des mesures arbitraires. Quand on saura, on trouvera l’occasion de mettre en pratique pour de vrai. Question : qui est le « on » ?
      Le 11 septembre a permis de déclencher un bordel inoui au Moyen Orient. Le corona pourrait peut-être déclencher un contrôle énorme des populations occidentales. Je suis convaincu que l’objectif est l’identification numérique par puce et la disparition de la monnaie papier. Quand les gens seront réduits à leur immatriculation, on en fera ce qu’on voudra. Qui est « on » ?

  4. Merci de ta réponse.
    Par contre, j’ai des doutes, quand les nouvelles venues de Chine se veulent rassurantes… Le nombre de personnes infectées aurait baissé… alors que ce virus est apparu en Chine…

  5. Bonjour Pakounta,

    Un grand merci pour votre blog très intéressant et tres bien documenté. C’est rare maintenant.

    Force et honneur à vous.

    Ol

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